Cavaillon crée une nouvelle culture managériale de la prévention et de la santé au travail

La ville de Cavaillon, son centre communal d’action sociale et l’agglomération Luberon Monts de Vaucluse (84) travaillent, avec d’autres acteurs du territoire, pour ancrer la santé au travail comme un axe structurant d’une nouvelle culture managériale et fédératrice de la prévention. D’où leur nomination dans la catégorie Santé au travail et acteurs du territoire des Prix santé et mieux-être au travail de la fonction publique territoriale 2019.

Plusieurs facteurs ont été à l’origine de cette démarche de prévention :

  • des taux d’absentéisme en nette augmentation dans les trois collectivités,
  • des effectifs vieillissants,
  • des métiers reconnus pénibles : collecte, petite enfance, affaires scolaires, aides à domicile, centre technique municipal.
  • des inaptitudes de plus en plus importantes dans certains secteurs,
  • une limite forte au système de reclassement professionnel.

Le passage à la durée légale de travail au 1er janvier 2019 a également joué un rôle de catalyseur sur le planning de la démarche. Celle-ci a été lancée en septembre 2018, le plan d’actions étant déployé en 2019.

Quatre enjeux ont fondé ce projet de réunir les trois collectivités autour d’une nouvelle culture managériale de la prévention et de la santé au travail :

  • un enjeu humain, lié à la santé des agents, à la motivation des équipes, à l’évolution nécessaire des compétences, à la volonté de favoriser la reprise du travail à la suite d’une maladie ;
  • un enjeu managérial lié à la nécessité de faire émerger une culture commune aux collectivités pour donner du corps à la mutualisation naissante, mais également au nécessaire respect des obligations légales de préservation de la santé et de la sécurité au travail des agents ;
  • un enjeu organisationnel : remettant en question la place et le sens du travail dans les deux collectivités, ce projet devrait optimiser les organisations et améliorer les conditions de travail des agents ;
  • un enjeu financier lié à la volonté d’instaurer un système "gagnant-gagnant", à la fois en limitant la perte de rémunération pour les agents mais également en diminuant les coûts liés à l’absentéisme pour les employeurs.

De multiples enjeux : humain, managérial, organisationnel, financier

Vu ces enjeux, la démarche vise cinq objectifs : ralentir l’usure professionnelle, favoriser l’innovation managériale au profit de la santé au travail, faire émerger une nouvelle culture managériale, pallier à la difficulté à reclasser, respecter les obligations règlementaires en matière de santé et de sécurité au travail. L’autorité territoriale et les deux DGS étant décisionnaires, ce projet est piloté par la direction générale adjointe RH de la ville et de l’agglomération et par le conseiller prévention de la ville.

L’équipe projet est constituée d’un encadrant et d’un agent désigné par chaque service ciblé par le médecin du travail : le centre technique municipal et les affaires scolaires pour la ville, le maintien à domicile pour le CCAS, la collecte et la petite enfance pour l’agglomération. En interne, contribuent le service des sports de la ville, le service piscine de l’agglomération et le conseiller prévention du CCAS. En externe, sont sollicités le médecin du travail et l’ergonome du CDG 84, la MNT, le réseau Kiné France Prévention, l’école d’ostéopathie du Grand Avignon.

Maintien dans l’emploi, prévention des TMS et des RPS, protection sociale

Le projet vise à ancrer la santé au travail comme axe structurant d’une nouvelle culture managériale et fédératrice de la prévention. Quatre volets ont été actionnés simultanément :

  • Le maintien dans l’emploi et la prévention de l’usure professionnelle pour les métiers à forte pénibilité : diagnostic des organisations et des process dans les secteurs les plus pénibles physiquement ; définition d’un plan d’actions pour réduire la durée d’exposition des agents grâce à la formation, la sensibilisation, les EPI, l’externalisation des missions les plus pénibles…
  • La prévention des TMS avec une heure par semaine consacrée à l’activité physique, prise sur le temps de travail, et une séance d’ostéopathie par agent pour les ATSEM ; et pour les agents des services collecte, espaces verts, voirie, manifestations, un plan d’action collégial axé sur les gestes et postures, les exercices, les EPI…
  • La prévention des RPS : communication interne, formation, plateformes d’écoute et de soutien psychologique…
  • La protection sociale des agents : instauration de la participation employeur à la mutuelle au bénéfice du foyer de l’agent avec un effort important sur les plus bas revenus.

Les premiers résultats de cette démarche, toujours en cours, sont probants. Les agents concernés y adhèrent, participent activement au plan d’actions, les uns se réapproprient leur corps, d’autres voient diminuer leurs douleurs physiques, la cohésion d’équipe a été renforcée, l’effort financier de la collectivité apprécié… L’amélioration des conditions de travail des agents a déjà rejailli sur la motivation des équipes.

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REPERES

  • Code postal : 84300
  • Nombre d’habitants : 27 000 (ville), 55 000 (agglomération)
  • Nombre total d’agents : 835 (450 pour la ville, 70 pour le CCAS, 315 pour l’agglomération)

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© Tchavolo productions - Grégoire Crozet

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