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DGS de département : donner des perspectives aux agents et les rassurer

Face à la situation inédite liée au Covid-19, Séverine Battin, directrice générale des services (DGS) du département de l’Isère, rappelle l’importance de maintenir une dynamique collective et de garder le lien avec les équipes.

Interview réalisée pendant le confinement, en avril 2020.

  • Comment cette crise a-t-elle impacté le fonctionnement de la collectivité ?
  • Notre plan de continuité d’activité était opérationnel dès le 13 mars alors que le confinement n’était pas encore déclaré. Pour assurer la continuité de service, il a fallu revoir nos façons d’intervenir. Neuf protocoles métiers (pour la protection maternelle et infantile, le service des routes, l’entretien des bâtiments, la reprise des chantiers, les visites à domicile des travailleurs sociaux…) ont par exemple été mis en œuvre avec la médecine du travail, le centre de santé du département et les professionnels de terrain qui connaissent les missions. L’objectif étant de pouvoir adapter de façon très « pratico-pratique » les procédures de travail sur le plan sanitaire (distances, mesures de protection…), sans être déconnecté de la réalité. Nous avons aussi mis en place de nouvelles modalités de réunions et d’échanges. Je suis en lien journalier avec le président du département en visioconférence et j’ai instauré également une réunion quotidienne à distance avec les encadrants pour prendre de leurs nouvelles, les écouter et répondre à leurs différentes questions.

  • Quelle est votre organisation dans ce contexte ?
  • Le département, ce sont 4 700 agents, 207 métiers et une trentaine de politiques publiques. En une semaine, le télétravail a été déployé pour 1 200 agents grâce aux services supports et notamment à la direction de l’innovation numérique et systèmes d’information. Nous sommes passés de 150 à 1 000 connections à distance par jour ! Il a fallu doubler la bande passante, aider les agents à la prise en main du matériel informatique… Cela nous a permis d’effectuer au maximum les paiements aux entreprises prestataires, d’aider financièrement les associations, de ne pas interrompre les prestations d’aide sociale comme le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) pour les personnes âgées ou les allocations handicap. Des agents continuent par ailleurs d’intervenir en présentiel comme pour la surveillance des bâtiments, le déneigement des routes, car nous avons connu fin mars un épisode hivernal. Nous avons aussi poursuivi la vaccination des tout-petits par le service de la protection maternelle et infantile…

  • Comment gérez-vous cette crise « humainement » ?
  • Je continue de communiquer de manière directe avec tous les agents. Le président du département s’est aussi adressé à eux via notre intranet. C’est primordial de maintenir le lien avec tous, également avec celles et ceux qui sont malades, ou ceux qui sont en autorisation spéciale d’absence notamment pour garde d’enfants. Nous réalisons par exemple des portraits d’agents diffusés sur notre intranet. L’idée est de créer de la cohésion entre toutes les équipes et de maintenir une dynamique collective. Je ne pensais d’ailleurs pas avoir autant de retours positifs ! Nous avons aussi monté une cellule d’appui psychologique interne pour l’ensemble de nos agents avec un numéro de téléphone et un mail mis à disposition. Ils sont rappelés dans la journée. Dans ce contexte, il est important d’être réactifs.

  • Quel regard portez-vous sur cette période ?
  • S’il n’y avait pas cette mobilisation des agents, tout cela serait impossible à mettre en œuvre. C’est avant tout grâce à eux. Il y a aussi dans cette crise quelque chose de très intimiste ; sans empathie, sans l’aspect humain, on ne pourrait pas la gérer. 302 agents ont ainsi répondu à notre appel au volontariat pour renforcer les effectifs des maisons de retraite, des services d'aide et d'accompagnement à domicile auprès des personnes âgées, des maisons d'enfants à caractère social, de la blanchisserie du CHU, pour venir en aide aux associations, pour la distribution de l’aide alimentaire… D’autres sont mobilisés au laboratoire départemental où nous fabriquons du gel hydroalcoolique distribué aux professionnels de santé, aux services d’aide à domicile, aux associations de l’aide alimentaire... Nous en avons conditionné plus de 1500 m³ et continuons d’en produire.

  • Comment envisagez-vous la reprise ?
  • Plus les semaines passent, plus il est difficile d’imaginer la suite. Pour nous tous, comme pour les élus, il y a une perte de repères. Mais nous devons donner des perspectives aux agents et les rassurer. Il faut préparer la reprise : dans quelles conditions, de quel accompagnement ont-ils besoin, etc. ? Nous y réfléchissons. Nous allons par ailleurs poursuivre la cellule d’appui psychologique. Un retour d’expérience sera réalisé, avec trois phases « à chaud », au moment de la reprise et « à froid », sur trois cercles, les cadres, les agents, les partenaires et les usagers de nos services avec aussi les aspects positifs qui ressortent de cette crise. L’idée est de capitaliser sur la gestion de crise, mais aussi de poursuivre ce qui a été positif en termes de créativité, d’agilité, d’innovation dans nos modalités de travail, nos synergies, nos outils et nos liens pendant cette crise. Certaines expériences devront se poursuivre et perdurer au-delà du confinement.

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  • Nouvelles modalités de travail
  • Lien maintenu avec les équipes
  • Appel au volontariat

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La MNT est reconnaissante aux agents et aux élus qui ont accepté de témoigner dans ce contexte de crise sanitaire mais aussi à tous les interlocuteurs plus que jamais présents et mobilisés. La MNT les remercie pour leur engagement au service du citoyen, au service de la continuité du service public de proximité, de notre service public.

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