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Enquête : confinement et sortie de crise sanitaire vus par les territoriaux

Comment les agents ont-ils vécu le confinement ? Quel impact a eu la crise sanitaire sur leur vie personnelle et professionnelle ? Comment organisent-ils leur vie quotidienne en post-confinement ? Qu'attendent-ils de leur employeur pour la reprise du travail alors même que la menace de la Covid-19 n'est pas encore dissipée ? Pour le savoir, la MNT a confié à l’IFOP une enquête menée en ligne, du 7 au 15 mai 2020, auprès de 902 agents territoriaux. Panorama.

Publié le 22-07-2020.

Covid-19 : des agents territoriaux inégaux face au confinement

Confinés chez eux, les territoriaux sont 83 % à avoir bien, voire très bien, vécu la période. Leur vécu de la crise sanitaire est logiquement d'autant plus positif que les revenus du foyer sont confortables. Dans leur vie personnelle, certains agents ont pourtant été confrontés à des difficultés particulières. Plus de stress pour 26 % des répondants en moyenne (31 % des parents de deux enfants et plus et 34 % des non-titulaires), plus de bruit de voisinage pour 15 % des sondés en moyenne (21 % de ceux résidant en Ile-de-France), plus d'épisodes de déprime pour 13 % des sondés (20 % des moins de 35 ans), plus de promiscuité et de manque d’intimité pour 10 % des personnes interrogées…

Santé et renoncement aux soins : un dommage collatéral de la crise sanitaire

Durant le confinement, un agent territorial sur trois a été contraint de renoncer à une consultation médicale. Un sur cinq s'est résigné à repousser l'acquisition ou le renouvellement de lunettes. Et plus d'un sur dix a même évité de se rendre en pharmacie pour se faire délivrer des médicaments prescrits. Qu'il fasse suite à une annulation du professionnel de santé, qu'il vise à ne pas encombrer les cabinets et hôpitaux, ou qu'il résulte d'une peur d'être contaminé par la Covid-19, ce renoncement à se faire soigner a concerné :

  • des consultations de confort chez un médecin généraliste (dans 25 % des cas de renoncement),
  • mais aussi des rendez-vous auprès d'un spécialiste (dans 48 % des cas)
  • et, plus inquiétant, le suivi d'une pathologie chronique (dans 23 % des cas).

Les plus vulnérables économiquement sont les plus impactés : 10 % des agents territoriaux sans complémentaire santé ont dû renoncer à une hospitalisation pendant le confinement.

Revenus et conditions de travail : conditions dégradées mais engagement

Sur le plan professionnel, la crise sanitaire a fait des dégâts. Plus d'un sondé sur quatre a subi une perte de revenus. Et 38 % des territoriaux interrogés s'en sortaient difficilement voire très difficilement sur le plan financier à la mi-mai. Si 36 % des agents jugeaient leurs conditions de travail dégradées durant le confinement, leurs situations individuelles étaient contrastées :

  • en cessation complète d'activité pour 28 % (1),
  • en poste sur le lieu de travail habituel pour 37 % (2)
  • en télétravail pour 30 % (3).

Les agents en présentiel jugeaient leur situation valorisante, 9 sur 10 s'estimant engagés pour la continuité du service public et 3 sur 4 fiers d'être en première ligne. Preuve de l'engagement des agents territoriaux durant cette période d'exception, plus d'un sur deux se déclarait volontaire pour aider bénévolement le service en plus du travail habituel.

Le télétravail : une bonne piste pour l'après-confinement

Les employeurs territoriaux s'interrogent-ils sur la pérennisation de la pratique du télétravail ? 76 % des agents (et 79 % des agents de catégorie A) l'ayant expérimenté durant le confinement trouvent leur logement adapté à ce type d'organisation. Les avis pour le post-Covid sont toutefois partagés. Parmi les agents territoriaux ayant vécu le confinement depuis chez eux :

  • 32 % préféreraient reprendre en télétravail complet après le levée du confinement,
  • et 34 % en mixte de présentiel et de télétravail.

Reprise du travail : la sécurité avant tout

Dans la reprise du travail en post-confinement, 80 % des agents territoriaux font confiance à leur employeur pour assurer leur protection face à la Covid-19. Et 77 % d'entre eux se disent également confiants quant à la capacité de leur collectivité à organiser un retour progressif à la normale. Parmi les principaux critères pour se sentir en sécurité au travail figurent :

  • le nettoyage adapté et régulier des locaux (pour 92 % des répondants),
  • la présence de gel hydroalcoolique dans les bureaux et espaces de réunion (pour 88 %),
  • le strict respect des règles de distanciation (pour 83 %),
  • l'obligation pour les agents de porter un masque (pour 64 %),
  • et la limitation des déplacements professionnels (pour 54 %).

Les agents en contact avec les usagers sont 77 % à souhaiter une obligation du port de masque pour le public et 69 % à espérer bénéficier d'un écran de protection. L'enquête IFOP se clôt par quelques questions sur les liens des agents territoriaux avec leur mutuelle complémentaire santé. Où l'on apprend que 89 % de ses adhérents font confiance à la MNT face à la crise sanitaire. Soit 3 % de plus que la moyenne des agents sondés(4).

  1. Et 32 % pour les 50 ans et plus.
  2. Et  40% pour les agents de catégorie C.
  3. Et  72% pour les agents de catégorie A.
  4. Les sondés ne sont pas tous adhérents MNT. Et pas tous équipés d'une complémentaire santé.

© GettyImages - Justin Paget

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