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Nanterre innove contre la pénibilité avec la nouvelle technique de la pré-imprégnation

Dans le cadre de son plan de lutte contre la pénibilité, Nanterre (92) a innové dès 2016 dans les écoles avec la mise en place d’une nouvelle technique de nettoyage, conjuguée avec l’achat de matériels, des formations et un management bienveillant. Pour cette initiative, la mairie est nominée dans la catégorie Santé au travail et pratiques innovantes des Prix santé et mieux-être au travail (PSMT) de la fonction publique territoriale 2021.

Publié le 07-09-2021

« Afin de lutter contre la pénibilité liée aux tâches d’entretien, en 2016, nous avons décidé de modifier la technique des deux seaux en déployant la pré-imprégnation sur les structures scolaires », synthétise Thierry Duchemann, responsable territoire à la ville de Nanterre (Hauts de Seine). L’élément déclencheur a été le retour d’expérience de l’assistant de prévention sur une nouvelle technique de nettoyage lors d’une visite dans une autre collectivité en janvier 2016. Et la volonté de déployer cette technique innovante a été l’acte fondateur qui a permis la conception et l’élaboration d’un plan de lutte contre la pénibilité dans toutes ses composantes et contre l’absentéisme.

De la méthode ancestrale des deux seaux à la pré-imprégnation 

Doublement innovant, ce projet multidimensionnel déployé depuis 2016 conjugue :

  • une nouvelle technique de nettoyage dite de la « pré-imprégnation », qui associe l’utilisation de micro fibre et de produits bio-efficients. Remplaçant la technique ancestrale des deux seaux qui générait des ports de charge de 50 à 150 litres d’eau par jour, elle réduit significativement le port de charge et de 95 % la consommation d’eau.
  • Deux dispositifs de formation. L’un de prévention des risques liés à l’activité physique concernant plus de 200 agents ; l’autre sur les techniques de nettoyage et produits entretien.
  • Un management bienveillant et valorisant de toute la chaine hiérarchique, porté par la direction de service, les cadres de direction et intermédiaires. Avec la mise en place d’entretiens de reprise après des arrêts de travail long, l’analyse des causes d’accident du travail et la mise en place de mesures correctives. Avec aussi des responsables d’office, devenant N+1 des équipes de restauration et d’entretien des écoles, formés sur le management et l’entretien professionnel. Et avec un dialogue social régulier pour anticiper les points de crispation.
  • Une politique d’investissement axée sur l’achat de matériels de restauration, d’entretien, de lavage et d’équipements de protection individuels ergonomiques, choisis en lien avec les agents terrain et le service qualité de vie au travail, testés lors du renouvellement des marchés publics ; et sur la mécanisation d’un maximum de tâches avec l’achat d’auto-laveuses, en s’appuyant sur la définition de seuils de poids faite à la suite d’un diagnostic des bâtiments.
  • Une politique forte de réduction des risques chimiques en supprimant les produits CMR (1) puis progressivement les produits d’entretien contenant des perturbateurs endocriniens.
  • L’achat de matériel ergonomique, associé à des formations.

Cette combinaison de prévention primaire, secondaire et tertiaire fait toute la force et la particularité de ce projet qui a mobilisé toute la direction des personnels de service et de restauration, les services qualité de vie au travail et formation de la DRH, le pôle éducatif et les élus.

Pénibilité allégée, rapidité et commodité

Port de charge quasi supprimé, fatigue physique réduite, risque chimique éliminé, maintien et retour à l’emploi d’agents ayant des restrictions médicales ou en arrêt de longue durée… ce projet a significativement amélioré les conditions de travail et stabilisé le taux d’absentéisme à 14 %. 

Les équipes sont aussi mieux accompagnées, régulées et valorisées par l’encadrement, le dialogue social plus apaisé, les agents plus impliqués dans les marchés publics les concernant. Sans oublier les enfants dans les 49 écoles et centres de loisirs qui évoluent dans un environnement sécurisé au niveau sanitaire et chimique. La mairie de Nanterre compte bien pérenniser ce plan de lutte et le déployer à la direction de la 1ère enfance, au sport et au CCAS afin d’agir plus largement sur les causes structurelles et conjoncturelles de la pénibilité.

(1)    CMR : substances cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction.

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REPERES

  • Code postal : 92000
  • Nombre d’habitants : 96 000
  • Nombre total d’agents : 2465

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Les deux autres nominés dans la catégorie Santé au travail et pratiques innovantes :

© DR

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