Conférence SNDGCT du Nord-Pas-de-Calais : préserver et se préserver face aux souffrances au travail

Dans le cadre de son partenariat avec la MNT, le Syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGCT) du Nord Pas-de-Calais a organisé une conférence en novembre 2017, à Lens (62). Animée par Muriel Trichet, psychologue clinicienne du cabinet de conseil en mieux-être au travail et prévention tertiaire Vecteur Psy, elle portait sur le thème « préserver et se préserver face aux souffrances au travail ». SMACL Assurances est intervenue sur l’aspect « Faire face à une fin de détachement sur emploi fonctionnel ».

Au bout de six mois de ce régime, où j’ai voulu être là, présent et à l’écoute, l’épuisement psychique et la désespérance font que l’esprit et le corps lâchent et il faut s’arrêter. Je culpabilisais encore d’être en arrêt.

Jacques Havez - directeur général des services

« La mise au placard a été difficile, a reconnu Jacques Havez, directeur général des services (DGS). Un directeur de cabinet dirigeait les services, faisait en sorte que le personnel ne passe plus par moi. Les cadres et les agents se rendaient bien compte de la situation, voulaient se montrer sympathiques avec moi mais le faisaient en catimini. C’est incroyable comme chacun s’est mis en position de protection personnelle, ayant peur pour lui et sa situation ! » Ce témoignage authentique a permis d’entrer dans le vif du sujet, encore trop peu évoqué, de la décharge de fonction, des émotions ressenties et des effets sur la santé.

La décharge de fonction

Jacques Havez a décrit avec des mots justes et percutants l’isolement subi et la souffrance engendrée. « Le téléphone devient peu à peu muet, les dossiers ne passent plus par moi. Je ne participe d’ailleurs plus aux réunions de bureau municipal ou à celles organisées sur les dossiers par les adjoints ou le maire… Toutes mes demandes de rendez-vous avec le maire ou les tentatives de discussion restent sans réponse… » Il avoue que tout cela lui occasionne une profonde souffrance et lui laisse du temps pour ruminer, douter de lui, se sentir coupable de quelque chose, faire grossir sa colère mais aussi sa peur du lendemain. « Au bout de six mois de ce régime, six mois où j’ai voulu être là, présent et à l’écoute, l’épuisement psychique et la désespérance font que l’esprit et le corps lâchent et il faut s’arrêter. Je culpabilisais encore d’être en arrêt. »

Autre témoignage émouvant : celui de Pascal Douffet, directeur général adjoint (DGA), qui, victime d’un burn-out, a failli mourir trois fois : d’une septicémie, puis d’une pneumonie atypique et d’une décompensation brutale occasionnées par le burn-out qu’il nie malgré les signaux. « Ça s’est installé insidieusement, durant cinq ans. Je me suis construit une carapace pour ne pas sentir la douleur causée par la souffrance au travail. J’étais devenu insensible mais j’avais aussi tué mes émotions. »

Des témoignages émouvants

Selon lui, il ne faut pas parler de « rebondir » parce que la balle rebondit bien moins haut puis plus du tout. Il préfère parler de résilience ou de renaissance. « Avant, j’étais mort à l’intérieur. Aujourd’hui, je renais, je me suis reconstruit, je pratique la méditation de pleine conscience une heure par jour, je m’occupe de ma famille et suis membre de deux associations. » Il conclut : « Pour se préserver, il faut que notre société reconnaisse le droit à l’erreur comme le pratiquent les Anglo-saxons, il faut prendre soin de soi et surtout écouter les signaux envoyés par son corps ».

Après avoir défini les concepts clés de la souffrance au travail et sa symptomatologie, Muriel Trichet, psychologue clinicienne de Vecteur Psy, a expliqué la façon d’identifier les signaux faibles et les situations dégradées, et les moyens de se préserver et de préserver ses collaborateurs. Son intervention a été particulièrement appréciée, notamment son professionnalisme et sa bonne humeur sur ce sujet grave. Si appréciée que d’autres Unions régionales du SNDGCT pensent à dupliquer cette conférence lors de leurs prochaines rencontres.

Enfin, Monsieur Tayari, de SMACL Assurances, a abordé le volet statutaire et juridique : faire face à une fin de détachement sur l’emploi fonctionnel, gérer l’entre deux postes et la protection juridique. Grâce à ses différentes prises de parole, cette conférence a permis d’avoir une approche complète de la souffrance au travail et de ses conséquences.

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LA GENESE DU PROJET

« La mise en avant des compétences en prévention de la MNT, lors d’une rencontre avec le SNDGCT, devait nous permettre d’affirmer notre légitimité sur ces sujets et casser la simple logique d’assureur-payeur trop souvent réductrice de notre métier, explique Vincent Lefebvre, responsable secteur de la MNT, sur la genèse du projet. Le choix courageux du SNDGCT, par Jacques Havez qui appartient au réseau de médiation, s’est rapidement porté sur la souffrance au travail vécue par les directeurs généraux des services (DGS) et les conséquences qu’elles peuvent avoir sur les équipes managées. » Le calage a été organisé avec le service prévention de la MNT et Vincent Lefebvre, et le choix du partenaire s’est porté sur Vecteur Psy grâce à un bon de commande clair du SNDGCT. SMACL Assurances a également été associée au projet en tant que partenaire du syndicat et de la mutuelle.

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Photo (de gauche à droite) : Jacques Havez, Pascal Douffet, Muriel Trichet, Vincent Lefebvre. © MNT

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